Membre du groupe sénatorial d’amitié France - Madagascar et pays de l’Océan Indien, Christian DEMUYNCK, Sénateur de Seine-Saint-Denis et Maire de Neuilly-Plaisance, est engagé, depuis quelques années déjà, dans le développement économique et social de Madagascar. En 2006, dans le cadre d’une convention de coopération décentralisée, il lance ainsi un projet de réhabilitation d’un bâtiment, abritant un dispensaire et une maternité, sur l’île de Nosy-Be.
En 2009, toujours sur l’île de Nosy-Be, Christian DEMUYNCK se lance dans un nouveau projet : le développement des cultures maraîchères. C’est à l’occasion de la Foire Internationale de Madagascar, qui se déroule du jeudi 14 au dimanche 17 mai, qu’il le présente. Nous profitons de sa présence pour en savoir plus en lui posant quelques questions.
Monsieur le Sénateur, parlez-nous de votre projet de développement des cultures maraîchères sur l’île de Nosy-Be, en quoi consiste-il ?
Notre objectif est de poursuivre la démarche de co-développement et d’amitié que nous menons depuis 3 ans avec Madagascar.
Concrètement, c’est un projet de développement durable pour les agriculteurs malgaches de l’île de Nosy-Be, initié par l’association Neuilly-Plaisance - Villes Sœurs, et en partenariat avec des organismes spécialisés.
Ce programme vise à permettre à la population locale d’acquérir les connaissances et la maîtrise technique nécessaires pour assurer une production maraîchère de qualité et pérenne.
Comment avez-vous eu cette idée ?
Nous nous sommes rendu compte que la production de légumes n’est pas suffisante et que 80% de ceux consommés sur l’île sont importés. Parfois, certains légumes ne sont même pas cultivés par les petites unités de production locales. Pourtant, il existe un marché potentiel constitué par la population, les groupes hôteliers et l’exportation. Il est donc apparu opportun de proposer ce projet aux autorités. Nous ne sommes pas les précurseurs de cette ingénieuse idée mais nous sommes convaincus qu’elle est bonne ; c’est pourquoi nous nous sommes, à notre tour, lancés dans l’aventure.
Dites-en nous un peu plus sur le projet !
En collaboration avec des prestataires spécialisés, que sont le GNIS, l’AFSIS, la SEMANA et Tatie Chris’ Farm, ce projet de plus de 200 000 euros, vise à former les familles aux techniques agricoles, à répondre aux demandes du marché local, à valoriser la population par le travail et à développer une dynamique économique sur l’île. Nosy-Be doit devenir un pôle agronomique d’envergure. Pour ce faire, nous souhaitons transmettre nos techniques et nos connaissances pour qu’elles profitent rapidement et concrètement à la population.
Quelles vont être les différentes étapes à venir ?
Grâce aux autorités locales malgaches, le projet dispose d’un terrain de 5000 m2 pour toute la durée de l’expérimentation, ainsi que d’un bâtiment à réhabiliter, situé à proximité de la parcelle, qui deviendra un centre de formation.Avant tout, nous devons préparer le terrain pour la mise en culture des espèces qui seront préalablement choisies pour leurs qualités d’adaptation aux différentes conditions agro-climatiques de Madagascar.
Ainsi, un expert agronome a la responsabilité technique du suivi de l’exploitation des cultures. Il effectue d’ailleurs actuellement plusieurs missions qui consistent notamment à l’analyse des terrains, le choix du nombre de variétés et d’espèces à cultiver, la définition du plan d’expérimentation et l’analyse des outils de communication pour informer les futurs agriculteurs sur les meilleures techniques d’exploitation.
Parallèlement, une équipe technique de la ville de Neuilly-Plaisance (France) va venir sur place réhabiliter le bâtiment et le transformer en centre de formation qui accueillera les futurs agriculteurs malgaches qui souhaitent apprendre les techniques agricoles nécessaires à l’exploitation maraîchère.
En quoi votre projet implique la notion de développement durable ?
D’une part il y a le facteur environnemental ; une attention toute particulière sera portée aux moyens utilisés pour la mise en culture et l’entretien des plantations. En effet, face aux enjeux environnementaux actuels, il est indispensable que cette unité de production s’engage dans une démarche « éco-responsable ». Il n’est pas question d’arriver en terrain conquis ; bien au contraire, il s’agit là d’être vigilant et grâce à nos prestataires, nous réaliserons ce projet avec le plus grand respect de la terre.
D’autre part, il y a le facteur économique et social ; ce projet de développement des cultures maraîchères insufflera une nouvelle dynamique dans l’activité économique de l’île. En répondant à la demande du marché local, il offrira à de nombreux habitants l’opportunité de se former et de rentrer dans le monde du travail.
Vous le voyez, notre objectif est clair : tisser des liens d’amitié entre la France et Madagascar par l’aide que nous apportons.
A quoi servira ce centre de formation ?
Avant tout, à la formation pratique des futurs agriculteurs, à la mise en place des pratiques culturales et au choix des espèces et des variétés les plus adaptées aux sols et au climat.
Par ailleurs, il servira également de vitrine de communication auprès de la population locale pour présenter les cultures maraîchères, les objectifs de développement…
Vous êtes présent à la Foire Internationale de Madagascar. On peut vous y rencontrer?
Notre stand « Neuilly-Plaisance », installé dans le Pavillon France de la Foire Internationale de Madagascar, a pour objectif d’informer le public malgache sur notre projet et c’est avec beaucoup de plaisir que nous les accueillerons pour le leur présenter. Nous vous attendons dès aujourd’hui.
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