ÉDITORIAL

 

01/02/2007

Au-delà des ségolénades et des montebourdes

Les amateurs de ballon rond se souviennent, dans les années 80, des acrobaties footballistiques du capitaine d'alors de l'équipe de France. On le appelait à l'époque les papinades. Vingt années plus tard, de nouvelles acrobaties font la une des journaux qui cette fois, en saluent sensiblement moins la dimension technique, et auraient plutôt tendance à les railler: ce sont les "ségolénades". Défrayant la chronique, elles viennent jour après jour alimenter, d'un ton confinant au burlesque, une actualité politique qui s'emballe avec l'approche de l'élection présidentielle. Drôles ou tristes, ces ségolénades n'en appellent pas moins deux types de réflexions, très sérieuses celles-ci.La première réflexion tient aux tendances que nous proposent les sondeurs, et qui montrent un net fléchissement de la candidate socialiste. Soyons réalistes, il est encore bien trop tôt pour parler d'une tendance lourde, et l'histoire de notre pays est remplie de candidats éconduits par leurs électeurs, à l'occasion d'un scrutin qu'ils croyaient gagné d'avance. Le triomphalisme est un écueil qui peut mener à l'arrogance, péché mortel en politique. La seconde réflexion est liée au fond de cette campagne, et me paraît dépasser le caractère anecdotique de quelques interventions maladroites ou indigentes. L'écran de fumée ainsi jeté sur cette campagne obère toute confrontation d'idées et de projets, cette même confrontation que nos concitoyens appellent de leurs voeux. Or, avec l'élection municipale qui joue sur une proximité avec nos électeurs, l'élection présidentielle est très certainement la favorite des Français. Confisquer ainsi le débat au profit d'un produit marketing, n'offrant comme perspective à notre pays que le discrédit de ses pays partenaires, ne paraît pas permettre de sceller la réconciliation des Français avec la politique. Ma satisfaction est aujourd'hui grande de pouvoir enfin juger les propositions de la candidate socialiste; en la matière, ma première réaction, c'est que beaucoup de promesses ont été faites par Madame ROYAL qui n'indique cependant jamais la manière dont elle les financera.Or, à moins d'avoir une baguette magique, le coût de son programme plomberait encore un peu plus les finances de notre pays déjà à mal.Néanmoins, malgré l'irréalisme de ses propositions, nous sommes enfin entrés dans une phase de confrontation sur le fond. Celle-ci permettra, comme beaucoup l'attendent, au débat de s'élever au-dessus des attaques minables de la gauche qui n'a, il est vrai que bien peu à se mettre sous la dent tant le début de campagne de Nicolas SARKOZY a été réussi. Car il est aujourd'hui patent que notre famille politique a pris la pleine mesure des prochains enjeux.EN se mettant en ordre de marche, après deux années de préparation autour de son président, elle affiche cette sérénité, certains diraient "sérénitude" qui seule pourra rassurer un électorat en proie au doute et à l'inquiétude. C'est à présent à nous qu'incombe la lourde tâche de présenter, d'expliquer et finalement de convaincre. La campagne que nous mènerons dans notre département aura, soyons en sûrs, valeur de symbole. La véritable explosion du nombre d'inscriptions sur les listes électorales dans les dernières semaines de 2006 doit correspondre pour nous à un champ nouveau d'investigation. Ces électeurs, qui n'étaient pour certains jamais venus aux urnes, ont en commun des attentes très fortes auxquelles il nous appartient de répondre. Aussi à l'agressivité dont certains candidats voudront auréoler leur discours, c'est l'image d'un mouvement responsable, digne et serein qu'il nous faudra présenter. C'est ainsi qu'à la valeur de symbole que j'évoquais plus haut, la Seine Saint Denis aura substituer une valeur d'exemple.