ÉDITORIAL

 

02/03/2004

Délinquance des mineurs: les solutions existent

S'il fallait résumer l'évolution de la démographie délinquante durant la dernière décennie, nous ne pourrions que déplorer la part prise par les mineurs. Le problème est en effet de taille: près de 20% des arrestations concernent des moins de 18 ans et l'age des premiers délits tombe en -dessous des dix ans.

Face à cela, les hauts dignitaires de la "bien pensance" nous assène leurs leçons de morale et leurs explications fumeuses faites d'ordonnances de 1945 et d'attitude compréhensive. Aujourd'hui, les tenants de cette conception du "tout éducatif" occultent totalement un aspect répressif pourtant nécessaire. Le célèbre philosophe Michel FOUCAULT, pourtant figure de l'intelligentsia de gauche, n'avait-il pas regretté en son temps, cette intrusion des facteurs psychologiques et sociaux ans l'économie des peines?

Nous ne pouvons plus pardonner l'infraction et faire de la justice pénale le lieu privilégié ou se discute le malaise social.
L'attitude vis à vis de la délinquance juvénile est peut-être en train de changer comme l'atteste l'actualité récente.
Le 8 mars dernier, une mère de famille de trente cinq ans est condamnée à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Mulhouse, pour défaut d'éducation", ses fils ayant commis de nombreux délits. Les magistrats ont utilisé, enfin l'article 227-17 du nouveau code pénal.
Le 10 mars, l'inspection académique du Val d'Oise décidait de sanctionner quatre absences mensuelles injustifiées par la suppression pour les parents, du bénéfice des allocations familiales. Ainsi, en combattant l'absentéisme scolaire, pourra-t-on atteindre la violence de nos quartiers.

Tout ceci montre combien les esprits ont évolué sur la question. Cependant, cette avancée notable ne doit pas nous exempter d'une réelle politique de lutte contre l'insécurité. Car disons-le clairement, avant d'être jugés, ces délinquants mineurs font régner la terreur dans nos villes et nos écoles.
Prenons garde, par conséquent, à ce que le gouvernement ne se contente pas de pousser les juges à sanctionner plus sévèrement, trouvant ainsi un prétexte à ne pas augmenter les moyens humains et matériels des forces de l'ordre.